François
Je suis né, non pas dans la rue comme Johnny Hallyday, mais dans une petite bourgade de la
campagne picarde au beau milieu des années 60, l’année du mariage de Johnny et de Sylvie,
d’un père fakir et magnétiseur, et d’une mère cartomancienne.
Ma passion pour la musique est née à la fin de mon enfance lorsque j’ai écouté un de mes
premiers disques : un 45T des Rolling Stones offert par ANTAR, et que j’écoutais en boucle
sur le tourne-disque familiale, notamment le mythique « Paint It Black », un vinyle devenu
aujourd’hui collector, et que je possède toujours. Il y avait aussi la série TV «Happys Days »
( « Les Jours Heureux » in french ) , qui brossait le portrait d’une Amérique des années 50 et
du début des années 60, dont je ne ratais aucun épisode, et avec Arthur « Fonzie » Fonzarelli, jeune rocker au cœur
tendre.
A la fin des années 70 il y aura également la comédie musicale « Grease », sur le thème de la
culture des années 50 dans un lycée américain, que je verrai plusieurs fois. Pas très
rock’n’roll me direz-vous ? Mais bon, vous comprendrez quand même, je pense, que ce n’est
pas vraiment un hasard si beaucoup plus tard j’évolue dans le milieu musical du Rock’n’Roll,
et maintenant du Rock’n’Twist des Chats Sauvages avec Les Vinyls. Plus tard il y aura des
groupes comme Deep Purple ou Led Zeppelin. Le choc ultime aura lieu en écoutant mon
premier disque d’AC/DC, un groupe de Hard Rock australien qui puise ses influences et ses
racines dans le Rock‘n‘Roll et le Blues. Transcendé par les riffs et le son de guitare des frères
Young, c’était décidé, je jouerai de la guitare électrique et je serai un rocker !
Ma première guitare électrique, une Queens, était une copie de Gibson Les Paul Custom, et mon premier
amplificateur un Memphis... au grand désarroi de mes voisins qui subissaient les hurlements de ma guitare
stridente ! Dès lors, après le lycée, je vais passer des soirées et des après-midi entiers à essayer de reproduire les
riffs de mes guitar héroes. J’assisterai aussi à mes premiers concerts de rock, en allant observer dès que c’était
possible l’installation du matériel et les balances des groupes qui devaient se produire dans la soirée. C’est dans
les années 80, lors de la fête de la musique, que je ferai mes premiers pas devant un public en reprenant quelques
standards de rock, et après avoir était contacté par deux amis d‘enfance qui me proposèrent de jouer avec eux à
cette occasion. Mes nouveaux acolytes me proposeront de poursuivre l’aventure avec eux dans ce qui sera mon
premier groupe de rock : Anonymal.
A mon retour du service militaire le line up du groupe a changé, et je prendrai la basse pour continuer à jouer de
la musique avec eux. Nous ferons quelques concerts dans la région, et nous aurons quelques articles dans la
presse locale.
C’est à cette époque qu’un virage s’amorce pour moi et que je vais devenir bassiste, avec une passion
croissante pour le groove et les fréquences graves. Je vais alors étudier la basse pendant plusieurs années et
délaisser du même coup la guitare.
Par la suite, j’aurai l’occasion de jouer avec certains des musiciens du groupe Bleu Banane, qui étaient mes
références musicales locales lorsque j’étais plus jeune. Au début des années 90, je débarque à Paris après avoir
réussi un concours administratif avec ma fidèle basse, ma vieille Ford Fiesta, quelques livres et quelques disques, pour occuper mon
premier emploi stable. Ce sera aussi l’occasion pour moi de faire plusieurs rencontres musicales. J’ai joué alors dans plusieurs groupes, et
je ferai quelques concerts à Paris et en banlieue parisienne. De brèves aventures sans lendemain.
De 2000 à 2005, j’ai suivi des études musicales au conservatoire où j’ai étudié le jazz et les musiques actuelles.
Mars 2008 : c’est la rencontre avec le fougueux Dan Lee Styve, Tonton Joël, Big « Thunder» Bob et GG le
mystique, qui forment Les Rocker’s, un authentique groupe de rock des années 60 qui s‘est reformé plus de 40
ans après leur séparation, une fois venue une retraite méritée.
Je vais peu à peu faire connaissance avec ces papys rockers, vedettes du rock au début
des années 60, et avec qui je vais commencer à répéter et faire quelques concerts. Grâce
aux Rocker’s je vais réellement découvrir la culture rock’n’roll, et reprendre des standards
d’Elvis Presley, d’Eddy Cochran, de Gene Vincent, de Little Richard, de Carl Perkins etc..
L’aventure se terminera brutalement à la fin de l’année 2009, car dixit Tonton Joël :
«comme dit "Ricet Barrier " chauffe un marron ça le fait péter ! »
2010 : année Vinyls. En compagnie des Rocker’s nous avions enregistré avec Jean-Claude une émission de «
Souvenirs, Souvenirs... ». Après l’enregistrement nous étions allés boire un verre, et
j’écoutais ces papys parler du bon vieux temps du rock’n’roll, admiratif et impressionné par la culture musicale
sur cette époque de Jean-Claude, et par le parcours musical de son groupe Les Vinyls. Mais c’est grâce à Gégé
Lafleur de Valgeneration 60, à l’occasion d’une courte prestation pour la Convention Internationale des Droits de
l’Enfant que nous allons faire davantage connaissance et jouer ensemble : basse / batterie, ou plutôt basse /
caisse claire / ride, accompagnés également par mon vieux complice GG des Rocker’s à la guitare rythmique.
La suite appartiendra à la légende des Vinyls... Jean-Claude me sollicitera pour un remplacement afin de pallier
à l’indisponibilité du bassiste des Vinyls : 10 jours pour apprendre le répertoire, et la chance pour moi de me
produire avec eux sur la scène du Petit Journal Montparnasse : me voici propulsé nouveau bassiste des Vinyls.
Que la route soit longue avec mes nouveaux amis, et même interminable... car même dans les rêves les plus fous de ma jeunesse, je
n’aurais jamais imaginé jouer avec de tels musiciens, accompagner un tel chanteur, et me produire un jour sur la scène mythique de
l‘Olympia !
François Dufour
Bassiste