Gérard Sa vie, son œuvre  Né dans une famille de musiciens (son père était au violon et sa mère tenait souvent une musette), Gérard a montré dès son  plus jeune âge des capacités musicales hors du commun. A quatre ans, il grattait déjà le trou de son luth, c'est dire ! En 1960,  il eut la révélation. Comme Bernadette Soubirous vit la vierge lui apparaître dans sa grotte, Gérard, lui vit les Chaussettes  Noires à la télé. Il reçut une sorte d'électrochoc pour cette musique nouvelle qui faisait vibrer en dedans et en dehors.   Dès lors, sa voie était toute tracée : il serait musicien de rock.  1er groupe, 1er concert. C'est au sanatorium (ça commençait bien) d'Aire sur l'Adour, qu'en 1965, il  fonde avec Bébert, Nono, etc. des camarades tubards comme lui, un groupe appelé modestement "The Fab's", où il  tient la guitare rythmique. Le groupe joue des reprises des Rolling Stones (Time is on my side), des Who, encore  parfaitement inconnus en France (Bald Headed Woman), des Kinks (You really Got me) etc. Les Fab's ne donneront  que deux concerts, ne dépassant pas l'enceinte du centre. Avec les départs des plus anciens et les arrivées de  nouveaux, le groupe fut rebaptisé "Les Streptos" (on reste dans le ton).  Les Delirium.  A sa sortie de Sana, Gérard est contacté par Jean-Jacques, un ancien du centre, qui lui présente Gary et Serge.  Ensemble, ils fondent les Delirium. Là encore, ce sont presque exclusivement des reprises des Stones (Lady Jane, Satisfaction, Last time  etc..). Le groupe tourne surtout dans l'Essonne. Un samedi soir, le groupe se produit à Paris, dans une salle attenante à l'église Saint Denis  du Saint Sacrement. Juste avant de monter sur scène, leur nouveau bassiste prend sa guitare sous le bras et leur dit : "j'ai un truc à faire, je  reviens tout à l'heure". Ils ne le reverront jamais. C'est donc sans bassiste que le groupe commence le spectacle, qui ne durera qu'une seule  chanson (Gloria), puisqu’une grosse bagarre éclate faisant fuir tout le monde. Malgré la panique, deux jeunes de quatorze ans, semblant  impressionnés et intéressés, posent des questions. Comme les Delirium doivent jouer le lendemain dans un bled de l'Essonne en première  partie d'Anne Vanderlove (qui entre parenthèse tourne toujours) et qu'il leur faut absolument un bassiste, Gérard demande à tout hasard aux  deux jeunes s'il y en a un qui serait susceptible de jouer avec eux le lendemain. L'un deux, Yves, répond présent et c'est sur un banc au pied  de la statue de la liberté, place de la République à Paris que, jusqu'à tard dans la nuit, on montre à Yves les morceaux à jouer dans l'après-  midi. Il restera dans le groupe jusqu'à la fin de celui-ci.  P.Y.C. Association. Avec les départs à l'armée successifs des uns et des autres, le groupe s'étiole au point où il ne reste plus que Gérard (réformé) et Yves (trop  jeune). Arrive alors Mike, guitariste de génie franco-américain. Gérard passe alors à la batterie et à trois, ils forment "P.Y.C. Association". Le  répertoire change complètement. On passe à Cream et Hendrix. Le groupe est engagé pour faire la saison d'été dans un club du Lavandou.  Mais Mike sent mal le coup et quitte le groupe. Christian, le deuxième jeune rencontré lors du concert mouvementé de l'église Saint Denis  du Saint Sacrement prend alors la basse et Yves prend la guitare. Bien lui en prit car de tous, il est le seul à avoir véritablement persévéré et  fait de la musique son métier. Plus tard, en effet, il jouera sur scène et en studio avec Alain Souchon, Laurent Voulzy, Daniel Balavoine,  Renaud, Little Bob et d'autres.  Premier raccrochage. A l'époque des Delirium, une bande accompagnait sans cesse le groupe, aux concerts et aux répétitions.  Les couples se formaient, se déformaient, on l'appelait "la famille tuyau de poêle". Une des filles allait devenir la compagne de Gérard.  Après la saison au Lavandou avec P.Y.C. Association, elle lui posa l'ultimatum que tout zicos connaît au moins une fois dans sa vie :  "maintenant c'est moi ou la musique". Et, bien sûr, comme la plupart, il rangea docilement baguettes, guitare, rêves et passion pour le rock.  Il avait eu le choix entre la femme et la musique, mais quand ils divorcèrent, il n'avait plus ni l'une ni l'autre. La seule chose positive dans  tout ça est une fille merveilleuse : Caroline.  Tramway. En 1976, de nouveau célibataire, il tente de revenir à la musique. Après  quelques essais infructueux avec des groupes minables, il rejoint les  frères Abitbol dont le groupe s'appelle "Tramway". Patrick, le chanteur et  compositeur est une sorte de génie à la voix de Peter Gabriel. Mais son  arrogance et son ego surdimensionné jettent une sale ambiance au sein  du groupe. Après un concert dans un festival de rock à Suresnes, le  groupe fera l'objet d'un article particulièrement élogieux dans Le Parisien.  Un manager véreux s'intéresse alors à eux, ou plutôt au chanteur et  décide d'éliminer uns à uns les autres membres du groupe. Gérard sera le  premier à être viré.  Dégoûté pour de bon, il raccroche "définitivement" en 1981 et part s'installer avec sa seconde épouse Michiyo (Japonaise), avec qui il aura  un fils super, Kazuki et sa fille au Japon où, pendant sept ans, il se consacrera à l'étude de la langue japonaise et du bouddhisme, sans  écouter aucune musique occidentale.   Renaissance. 18 Juin 2006 : des amis organisent une garden party en Normandie. Gérard a l'idée de taper le boeuf avec deux de ses  potes, Didier, batteur et Fabien, claviériste. Après trois répet on se lance. C'est plutôt la cata pour lui qui n'a plus aucun  repère et se sent désormais plus à l'aise avec un aspirateur qu'avec un manche de gratte. A la fin du boeuf, toutefois, il se  met à chanter et à jouer la seule chanson qu'il connaisse : "Summertime blues" d'Eddy Cochrane.  Et là, une sorte de miracle s'opère. Il se retrouve enfin et le virus rock le reprend. Fallait  pas y toucher ! Il se met dès le lendemain à la recherche de musiciens près de chez lui et tombe sur  Bernard, qui lui présente Marc, que viennent rejoindre Gilles et Didier. Et c'est parti pour "Ze KolesT'Rock".  Malheureusement, Didier quitte rapidement le groupe, remplacé par Daniel qui chante déjà avec un autre  groupe, "le Rocker's Blues Band", comme Bernard, d'ailleurs. Mais la mayonnaise a du mal à prendre et,  après un seul concert, le groupe se dissout.  Du coup, il rejoint aussi les Rocker's qui s’est reformé après 40 ans d'inactivité. Dans ce groupe cool où  l’on joue pour le fun, il reprend ses marques et ses repères dans un répertoire rock et blues. Mais après  trois ans d'aventure, il sent que le manque de pression au sein du groupe constitue également un frein à sa  progression personnelle dans le jeu de guitare.  Au hasard des rencontres, il est contacté par Jean-Claude, leader des Vinyls, dont le groupe au répertoire basé sur les Chats Sauvages et  les Chaussettes Noires cherche un guitariste rythmique. Rentrer dans un groupe exigeant aux perspectives élevées est un nouveau  challenge qu'il accepte comme une aubaine pour progresser. Et puis finalement, avec ce retour à ses premières amours, le Rock Français des années 60 et la guitare rythmique, la boucle est bouclée.  Le rêve reste intact et, comme il dit : "Not too young to die, but never too old for Rock'n Roll".  Gérard Purec Guitariste rythmique